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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Plus que le Québec, un homme est à un tournant de sa carrière politique : Jean Charest...


Stéphane Hessel... Prix Nobel de la Paix?
Stéphane Hessel... Prix Nobel de la Paix?
« Apprendre à reconnaitre des évolutions lentes nécessite de ralentir nos rythmes frénétiques et d’accorder autant d’attention à ce qui est subtil qu’à ce qui parait dramatique. » C’est ce vieil enseignement –ici renouvelé par Peter Senge pour les leaders et gestionnaires contemporains, et remis à jour par un jeune homme presque centenaire, Stéphane Hessel, 94 ans le jeudi 20 octobre 2011, c’est à cette sagesse universelle que doit désormais s’abreuver Jean Charest. Accepter d’aller dans le sens de l’histoire que font les événements actuels, et la volonté populaire et en grandir par la suite.

Il est vrai que l’enjeu qui fait encore hésiter le Premier ministre du Québec c’est la perte du pouvoir politique aujourd’hui. Mais à 54 ans près dont l’exacte moitié en politique, il n’est pas exagéré de dire que la vie de Jean Charest, une vie politique ou pas, rebondirait bien ici ou ailleurs. Elle rebondirait bien surtout lorsque le Premier des Québécois leur aurait donné l’impression de les avoir écoutés. Ce n’est pas encore le cas

C’est indéniable qu’il y a un mouvement de fond dans la société québécoise, comme dans plusieurs autres sur la face de la terre. Le mouvement de fond au Québec est que, pour avoir gouté à la Commission Gomery, les Québécois ne peuvent se contenter de moins qu’une Commission publique de cette mouture qui irait « au fond des choses ». De quelles choses parlons-nous? De l’argent sale : la surfacturation de l’État québécois et de ses contribuables, au profit de la corruption et du financement du vaste monde politique, des élections municipales aux partis politiques provinciaux dont celui que dirige Jean Charest, le Parti libéral du Québec, autant que celui de l’opposition actuel, le Parti Québécois.

Un tel déballage vaut bien l’assainissement du paysage politique québécois que réclament les citoyens qui tiennent aujourd’hui une piste pouvant leur faire comprendre, enfin, pourquoi ils payent si chers pour des routes aussi dégradées au Québec, pourquoi personne n’est capable de rationaliser et d’humaniser l’accès aux soins de santé depuis une quinzaine d’années, pourquoi un ministre de la santé publique ne peut trouver mieux à faire que de démissionner pour se joindre au système privé le lendemain, autant que les sous-ministres démissionnent les vendredi pour prendre service les lundis dans des firmes avec lesquelles ils donnaient des contrats publics de puis toujours, pourquoi donc. Pourquoi? Le monde, il veut savoir!

Le monde veut tellement savoir que sur les chantiers de construction, dans les chaumières et dans les universités, on comprend mal les hésitations subites de certaines confréries d’avocats qui trouvent bon d’assener qu’une Commission parlementaire à la Gomery ne serait pas une solution miracle. Heureusement que nous savons que le droit est partout mais pas au dessus de l’éthique. C’est donc de l’éthique publique dont il est question aujourd’hui plutôt que du droit public. Le monde, il veut savoir. Le monde c’est le bien public, depuis l’autopsie de La Mort de Socrate par Platon jusqu’au cri d’espoir Indignez-vous de Stéphane Hessel.

Parce que le Québec risque de pourrir en attendant trop, les indignés québécois ne peuvent plus attendre. L’avenir de Jean Charest peut bien attendre; il peut même se permettre une pause avant de rebondir à Ottawa ou ailleurs. Jean Charest ne peut ne pas accepter d’aller dans le sens de l’histoire qui s'écrit sous ses yeux. Ayant passé la moitié de sa vie en politique, Jean Charest n’a simplement plus le droit à l’apprentissage par erreur dans l’autre moitié.



Mot à Maux


Rédigé par psa le 28/09/2011 à 06:45