Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Jacques Leinne, Pensive
Jacques Leinne, Pensive
Il semble bien que la presse italienne n’a pu résister à la tentation... Presque unanimement, elle qui regarde de près la succession des Sommets au siège romain de la FAO, titre ce jour dernier de la grande messe quasi annuelle: Échec dramatique, rien que des discours, la faim triomphe, etc. Bien sûr que des dizaines de chefs d’État et de gouvernement ont fait le déplacement pour le Sommet mondial sur la sécurité alimentaire. Mais au-delà des discours et des bonnes intentions, le milliard d’affamés qui s’étalent sur presque tous les cinq continents, aussi bien dans les faubourgs des grandes villes que dans les pays entiers dont une vingtaine en Afrique et une dizaine en Asie –nous apprend-on, ces « insécures alimentaires » n’auront pas plus à manger dans les prochains mois. Malgré le curieux jeûne médiatique d’une journée du directeur général de la FAO, Jacques Diouf, avant le début de ce Sommet, le milliard de personnes dont des enfants de bas-âge devront continuer à jeûner jusqu’à leur dernier souffle pour certains. Au fond, lorsqu’après une quinzaine d’années à la tête de la FAO l’on ne réussi qu’à faire des photos avec les chefs d’État et arborer des dizaines de Décorations et des Doctorats honorifiques dont on est particulièrement friand, il est peut-être grand temps de laisser la place à l’imagination d’une autre personne. La faim a beau ne pas être sexy dans les causes diplomatiques et sur l’agenda des grandes chancelleries, il est frappant de voir comment l’équipe actuelle à la direction générale de la FAO n’a pas su mobiliser les ONG autour de cette cause et ainsi, garder ce drame au menu de la conscience internationale, seule façon d’induire des actions comme c’est le cas pour les questions environnementales dans ce village global. Le constat d’échec n’est donc pas celui d’un Sommet ou d’une organisation, il est l’échec d’une personne, Dr Jacques Diouf, qui certainement a fait son temps et doit aspirer à relever un autre défi, sans doute celui de jouir de sa retraite à 71 ans et nous écrire ses mémoires. Il l’a peut-être dit qu’à la fin de ce mandat, il ne se représenterait plus. Mais, ces mois devant sont sans doute de trop; c’est maintenant qu’il faut partir. Merci pour le travail, merci Docteur. La FAO a faim d’un autre leadership. Quand l’imagination n’y est plus, on démissionne dans l’honneur et l’élégance. C’est ce qu’il faut à notre ami Jacques Diouf.


Mot à Maux


Rédigé par psa le 18/11/2009 à 11:48