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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




L’urgence a pourtant un visage humain. Des milliers de vie sont en jeu. Est-ce de la lâcheté ou un aveu d’impuissance? Acculé par une opposition déterminée qui lui a fait perdre les villes de l’est du pays, le colonel Kadhafi a déjà envoyé ses forces aériennes bombarder sa propre population. Après un premier discours qui n’aura rassuré personne sur son état de santé mental, il paraît prêt à mener jusqu’au bout la politique du pire. C’est pratiquement la même chose en Côte d’Ivoire; un pays devenu une zone de guerre; un pays littéralement transformé par la curieuse personnalité multiple de Laurent Gbagbo.


Le Pain... La monnaie à Gbagbo?!?
Le Pain... La monnaie à Gbagbo?!?
Pour revenir à Kadhafi, l’Union européenne se dit certes prête à décréter un embargo sur les armes ou à surveiller les mouvements financiers du pouvoir libyen. Washington également. Quant au Conseil de sécurité de l’ONU, il s’est contenté de délivrer une déclaration politique. Mais ces mesures ne sont pas de nature à empêcher un bain de sang. Il faut aller plus loin et vite.

Les réticences à imposer la paix à l’imprévisible Mouammar Kadhafi relèvent d’intérêts économiques qu’Européens, Américains, Turcs ou Chinois ont auprès de cette dictature pétrolière. Après avoir fermé les yeux sur le pouvoir tyrannique du dirigeant libyen, qui, en 2003, renonce à développer des armes de destruction massive et accepte de collaborer dans la lutte antiterroriste avec les États-Unis, les Occidentaux paient aujourd’hui le prix fort d’avoir laissé Kadhafi faire ce qu’il voulait.

Les compromissions avec le régime libyen les poussent aujourd’hui à agiter le spectre d’une immigration massive dans des «proportions bibliques», mais en aucun cas à imaginer un droit d’ingérence. Le concept, on l’a vu au Kosovo, est trop sensible. Ces réserves participent aussi de la peur de savoir que Kadhafi dispose d’une capacité de nuisance considérable. En usant du robinet du pétrole, il a le pouvoir de saper en partie la reprise économique mondiale. Les signaux sur le marché pétrolier ne trompent pas à cet effet.

L’urgence a pourtant un visage humain. Des milliers de vies restent en jeu. Pour ce qui est de la prévention, l’ONU semble désarmée. Politiquement, une mission d’imposition de la paix en plein printemps arabe paraît invendable. Et il y a le souvenir: en 1993, l’opération d’imposition de la paix en Somalie s’était soldée par un cuisant échec. Un massacre observé, impuissant, pèserait toutefois lourd sur les consciences. D’autres avenues sont donc à explorer dont l’interdiction de survol de l’espace aérien libyen au dessus des champs et installation de pétrole ainsi que les grandes villes et autres points stratégiques. Même si des défections se multiplient autour de Mouammar Kadhafi, le personnage du Guide reste imprévisible et doit être traité comme tel. ///////// Stéphane Bussard




Mot à Maux


Rédigé par psa le 25/02/2011 à 08:45