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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Yves Poulain, correspondant de Radio Canada à Washington DC, pense que notre ami, Barack Obama, fait face à ses premières difficultés. Probablement que oui, pour un président qui a la transparence comme promesse. Ce qui est aussi merveilleux dans cette tournure, c’est aussi la réaction rapide de ce président qui n’a pas hésité à avouer que des erreurs aient été commises dans le choix de certaines personnes. À retenir dans tout cela, le ton présidentiel a vraiment changé et un humain semble être désormais aux commandes des États Unis d’Amérique. C’est aussi cela la beauté Obama dont le parcours est sans aucun doute semé de nombreux trous après le passage de notre autre ami Georges W. Bush. Et Dieu sait qu’il a commencé à en remplir adéquatement de ces trous pour refaire le passage.


Dorothy
Dorothy
Barack Obama avait promis d'insuffler un vent de renouveau à Washington. Fini les intérêts particuliers, les lobbyistes! Place à la responsabilité, à l'éthique et à la transparence! Mais à peine deux semaines de présidence se sont écoulées que le nouveau chef de la Maison-Blanche est victime de ses propres règles ou des enquêtes bâclées au sujet des membres de son Cabinet. L'ancien leader démocrate du Sénat Tom Daschle, nommé secrétaire à la Santé, a dû renoncer à son poste. On a appris qu'il avait « promis » de payer 140 000 $ en impôts. Il paraissait aussi en grave conflit d'intérêts, puisqu'il avait touché des millions de dollars comme consultant auprès des industries liées à la santé, après son départ du Sénat, en 2005. Tom Daschle était perçu comme le meilleur candidat pour convaincre le Congrès et les divers groupes d'intérêts de doter enfin les États-Unis d'un régime universel d'assurance santé. La réforme de la santé, l'une des priorités du président, sera ainsi retardée de plusieurs mois, sinon davantage. L'opposition républicaine au Congrès et plusieurs journaux, dont le New York Times, avaient souhaité que Tom Daschle renonce à sa nomination. Le « démission » de Tom Daschle est survenue le même jour que celle de la contrôleuse du budget de la Maison-Blanche, Nancy Killefer, également en « indélicatesse » avec l'impôt américain. Le président Obama n'avait guère le choix d'accepter « avec tristesse et regret le retrait volontaire » de Tom Daschle et Nancy Killefer. Ces deux distractions s'ajoutaient à celle de Timothy Geithner, secrétaire au Trésor, confirmé dans ses fonctions malgré ses omissions répétées de régler certains impôts (43 000 $) quand il était à l'emploi du Fonds monétaire international. Dans les tribunes téléphoniques à la radio américaine, plusieurs citoyens commençaient à évoquer la règle des « deux poids deux mesures » devant le fisc. Les humoristes de la télévision avaient aussi commencé à ridiculiser les « distraits » de l'impôt du Cabinet Obama. Ces affaires ont rappelé le goût amer laissé par l'épisode Leona Hemsley, l'ancienne propriétaire de luxueux hôtels à New York. Elle avait affirmé, avant d'aller en prison pour évasion fiscale, que « seules les petites gens » payaient de l'impôt. Sans oublier le cas de Bill Richardson, le gouverneur du Nouveau-Mexique, qui a dû renoncer au poste de secrétaire au Commerce, en raison d'une enquête sur des allégations de corruption dans son administration. On peut aussi ajouter dans la liste le sous-secrétaire à la Défense William Lynn III, nommé en dépit de ses antécédents de lobbyiste pour Raytheon, un des grands fournisseurs militaires du Pentagone. Le président Obama a tenté de limiter rapidement les dégâts après les départs de Tom Daschle et de Nancy Killefer. Il a reconnu avoir manqué de jugement au cours d'une série d'entrevues aux grands réseaux américains de télévision. Il a affirmé: « Je pense que cela a été une erreur. J'ai foiré. (I screwed up) J'en prends la responsabilité et nous allons faire en sorte de régler le problème pour être sûrs que cela ne se reproduira pas ». Tout un contraste avec George W. Bush, qui a pratiquement toujours refusé la responsabilité de toute erreur. Cet aveu d'échec sera-t-il suffisant pour maintenir le lustre de la jeune présidence? À peine 24 heures, après le départ de ses deux collaborateurs, le chef de la Maison-Blanche a tenté de rassurer les contribuables, en annonçant des règles salariales strictes pour les grands patrons des entreprises renflouées par le gouvernement fédéral. Barack Obama, le candidat qui en campagne électorale avait promis de faire de la politique autrement et de changer les moeurs à Washington, écope malgré tout de ses premières tuiles.

Mot à Maux


Rédigé par psa le 05/02/2009 à 10:45
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