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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




La mise sous tutelle de la plus petite économie de la zone euro – la Grèce ne pèse que 2,5% du produit intérieur brut des seize pays qui en font partie – signifie une pénible et longue cure d’austérité. ¬Malgré quelques correctifs, celle-ci frappera sans pitié les couches les plus défavorisées.


Gilles Rousset
Gilles Rousset
En déboursant des milliards en échange de coupes sombres dans les investissements publics et dans les dépenses sociales, l’éducation et la santé, le FMI – et accessoirement les grands pays européens dont les banques sont créancières en Grèce – veille à ce qu’Athènes sauvegarde sa capacité d’honorer ses engagements. C’est exactement ce qu’a fait le FMI depuis des décennies dans les pays en développement: assurer le remboursement de la dette aux banques américaines, européennes et japonaises.
Pour la Grèce, qui vit au-dessus de ses moyens depuis plusieurs décennies, une cure de discipline budgétaire ne peut pas faire de mal. Mais à quoi servent des comptes maîtrisés sans la santé économique?
Le FMI prévoit un retour à la croissance pour 2012. C’est de l’optimisme survendu, car sa potion est un frein à la croissance. Sans investissements publics, sans création d’emplois et sans pouvoir d’achat, c’est la récession qui s’installera durablement en Grèce. On n’a que peu d’exemples que des pays soumis à un traitement semblable aient connu un autre sort.
Avec ses ingrédients inchangés, la recette du FMI permettra sans doute à la Grèce de garder la tête hors de l’eau. Mais elle ne suffira pas à lui donner les moyens pour en sortir. La Grèce change de créanciers mais elle n’est pas libérée du cycle infernal de l’endettement. Elle risque même de s’y enfoncer davantage: en 2014, sa dette pourrait être de 144% du PIB, contre 133% en 2010.
D’autres solutions auraient pourtant été possibles. Un rééchelonnement de la dette, assorti bien sûr de conditions exigeantes, aurait permis à la Grèce de s’engager dans la voie de la croissance et d’honorer ses engagements sur une base plus saine.//////////Ram Etwareea


Mot à Maux


Rédigé par psa le 03/05/2010 à 02:41
Tags : Europe FMI Grèce Notez