Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Face à la tragédie humaine de la guerre civile syrienne, experts, politiques et journalistes aimeraient avoir des certitudes que personne ne peut leur donner. De fait, si la force devait parler, l’espoir, maigre, est de croire qu’elle pourra donner un souffle nouveau à la diplomatie.


Syrie : Nous revoilà dans l’angoisse de l’incertitude

Dans quelques jours, l’Amérique pourrait lancer une campagne militaire contre le régime syrien de Bachar el-Assad afin de donner au tyran de Damas un signal de fermeté, mais sans le renverser. Une offensive à reculons, si l’on peut dire.

Face à la tragédie humaine de la guerre civile syrienne, experts, politiques et journalistes aimeraient avoir des certitudes. Prédire qu’une intervention militaire américaine va entraîner toute la région, voire, pour les plus alarmistes, la planète entière, dans un conflit qui aurait des conséquences incalculables. Ou croire que des frappes aériennes, même limitées, permettront de mettre un terme à une boucherie qui, en deux ans et demi, a fait plus de 100 000 morts.

Or le chaudron syrien a fait fondre la moindre certitude. C’est en réaliste, conscient des difficultés, que Barack Obama a longtemps refusé toute action militaire, sans savoir quels pourraient en être les bénéfices à long terme.
Aujourd’hui, il a la tête entre le marteau et l’enclume. Ne pas intervenir, c’est promouvoir l’impunité du sanguinaire Bachar el-Assad et du régime iranien, qui use mieux que jamais son pouvoir de nuisance régional en soutenant en armes et en argent son allié chiite de Damas et en encourageant le Hezbollah à combattre l’opposition syrienne.

Intervenir, c’est s’aventurer dans l’inconnu. L’ex-conseiller de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski, a beau déclarer qu’une opération militaire doit s’inscrire dans une stratégie globale, personne n’est à ce jour capable d’en échafauder ne serait-ce qu’une ébauche. L’ancien président français, Valery Giscard d’Estaing, se positionne contre l’intervention militaire en préparation, le Pape François déclare une journée de jeûne, etc. Dès lors, toutes les hésitations et surenchères se confortent à Londres, Paris et Washington, particulièrement dans les recours aux appuis des différents parlements.

L’impuissance des Occidentaux et du monde arabo-musulman n’a d’égal que le refus de la Russie et de la Chine d’assumer leur responsabilité de grandes puissances. Le désarroi général produit aussi d’étranges effets. Quelques voix européennes, qui fustigeaient l’impérialisme américain en Irak et au Kosovo, appellent aujourd’hui les États-Unis à rétablir l’ordre dans un Moyen-Orient où leur influence ne cesse de diminuer. De l’autre côté, les manifestations anti-guerres ainsi que des porte-voix se libèrent : les populations en ont assez des guerres et le disent dans les sondages d’opinion. De fait, si la force devait parler, l’espoir, maigre, est de croire qu’elle pourra donner un souffle nouveau à la diplomatie.////////Stéphane Bussard


Diplomatie Publique


Rédigé par psa le 01/09/2013 à 08:15