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Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Ce qui étonne toujours au Togo, c’est la brutalité du régime Faure Gnassingbé dans le clair sillage de son père Eyadema. C’est à croire que dans ce monde en mouvement, le pouvoir togolais est resté le même, statique, gelé, fossilisé ou pire encore cinquante années après. Le monde change. La vie est changement; la politique l’est aussi. Le temps, cet autre nom de Dieu, est même changement : « Sauf au Togo! » semble répéter le système qui y trône avec sa nomenklatura subitement prête à se convertir aux réformes qu’elle trouvait encore caduques toutes ces années. C’est la traversée d’une dictature quinquagénaire devenue insoutenable aux Togolais.


Pour qui sonne le glas au Togo?
Pour qui sonne le glas au Togo?
Non! Oui! L’assaut final doit être donné. C’est la Constitution de 1992 qui prime désormais, dans son esprit et dans ses lettres. C’est l’alternance politique qui nous convient, c’est-à-dire « la convergence objective qui sera construite techniquement et politiquement » en vue de la transition vers la Démocratie, la Réconciliation et le Développement. Les Togolaises et les Togolais ont assez du Togo dans leurs esprits et dans leurs corps pour être ambitieux, réalistes et agiles vers des résultats probants, particulièrement après cette longue traversée du désert démocratique.

Au lendemain de la répression gratuite de la manifestation populaire du 19 août 2017, l’indignation est absolue, les condamnations unanimes dans toutes les couches du Peuple togolais. De la Diaspora togolaise jusqu’au Togo profond, cette coulée de sang, ces morts et blessés, ne peuvent être que la fertilisation nécessaire à la délivrance des Togolaises et des Togolais. De ce « Samedi rouge » sang, chaque acteur tire enseignement, conclusion, chronique, stratégie, précepte et mission. Le fruit de la délivrance et de la dignité est mûr au Togo.

Il ne pouvait en être autrement. La déception est totale; l’énergie intacte, la détermination criarde : « Nous sommes les victimes », « Au tribunal de l'histoire le verdict qui frappera tous les tenants de ce pouvoir et de leurs thuriféraires, est scellé par avance, au regard des règles de l'Humanité et de la démocratie », « Nous, Togolais, nous devons mobiliser dans tous les pays du monde pour dire assez aux Gnassingbé », « Le premier coupable dans cette tragédie togolaise, c’est bel et bien Faure Gnassingbé. Demain il comprendra », « Nous tenons à rappeler au régime qu’à défaut de se conformer aux aspirations profondes du peuple pour la démocratie et l’alternance, il partira forcément sous la colère de ce peuple », « se tenir prêt pour répondre massivement à l’appel prochain des forces démocratiques pour mettre définitivement fin à ce régime qui reste désormais une curiosité en Afrique », etc.

Très clairement, le Togo n’a de choix que de passer à l’alternance démocratique sous l’assaut final de son Peuple; c’est une urgente question de dignité. Tous les signaux vont dans le sens de la convergence : la convergence et l’unité d’action des forces républicaines du terrain, la convergence et l’unité d’action chez les leaders, la convergence et l’unité d’action à travers la Diaspora. L’assaut final se doit d’être donné : l’alternance démocratique doit advenir au Togo. Toutes ces vies sacrifiées depuis cinquante ans, et encore le samedi 19 août 2017, ne doivent pas l’être en vain. Un Togo de Démocratie, de Réconciliation et de Développement doit absolument naître de tant de sacrifices.

80% de Convergence 20% de Diplomatie

C’est de la fermeté et de la solidarité, républicaines, qu’il faut au-devant de Faure Gnassingbé. Voir deux leaders aussi déterminés que le chef de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) ainsi que celui du Parti National Panafricain (PNP) enfin associés, pour convoler au juste combat avec toutes les forces républicaines, est de bons présages. Le Togo démocratique est à portée de main. Il a fallu tant de sacrifices, tant de querelles, tant d’incompréhensions, tant de manigances, tant de défections, tant de trahisons pour en arriver à ce tournant décisif. La prise stratégique de la citadelle Démocratie doit être donnée au Togo afin d’enclencher le vaste processus de retour à la paix sociale.

« La grande chose de la démocratie, c'est la solidarité » disait d’ailleurs l’intrépide homme de tous les combats, Victor Hugo. En datant de seulement maintenant, de ce légendaire mois d’août 2017, comme dans son discours au Congrès de la Paix d’août 1849 ou du grand rêve de Martin Luther King d’août 1968, c’est aussi dans cet esprit de générosité et d’audace qu’il faut inscrire le Togo : une vraie paix politique sans les menteries, les arrogances et les compromissions, une « réunion d’esprits convaincus et graves, qui ne veulent pas seulement le bien d’un peuple, mais qui veulent le bien de tous les peuples », de tous les Togolais du Nord au Sud, de l’Orient à l’Occident.


Togo : L’Insoutenable Traversée d’une Dictature
Le destin du Togo est véritablement la démocratie comme vecteur de paix républicaine, et non la répression continue dont nous venons d’observer la triste et accablante glose. C’est parce que tout cela est impossible à l’entendement, parce tout cela a trop souvent échoué au Togo et à travers la Diaspora, c’est parce que tout cela a toujours été rappelé par les citoyens du Togo qu’il faut y revenir avec entrain, avec métier et presque à la perfection d’un Sisyphe : « définir vite, très vite, une plateforme d’entente minimale pour la mobilisation générale du peuple » pour faire écho à Brigitte Adjamagbo. Un autre Cap de bonnes espérances doit être franchi au Togo.


Quoi faire maintenant? La Convergence vers la République

Faudra-t-il encore rappeler l’objectif simple de cette lutte? Il est vraiment tout simple et l’est resté, même par tous les temps d’incertitudes et de déchirements : l’alternance démocratique est la grande œuvre en chantier au Togo. Elle peut et elle doit passer par une période de transition ouverte aux forces républicaines, dont la Diaspora. C’est surtout pour la fin d’un système antirépublicain que nous luttons; c’est un corporatisme d’anarchistes militaro-claniques contre lequel les Togolaises et les Togolais sont en lutte et veulent se débarrasser depuis toujours.

Un tel regard maintenu sur les objectifs permet d’éviter des errements et toutes les faciles tentations des heures troubles. L’éclipse totale des cinquante dernières années n’exclut pas l’existence d’un halo lumineux réparateur de tous les obscurantismes accumulés. Toutes les sciences, tous les génies et tous les concepts sont toujours valables dans le cas du Togo. Il s’agit seulement de consolider la mobilisation générale pour des actions rapides éduquées par toutes les réflexions antérieures : convergence suffisante et stratégique des forces républicaines crédibles; convergence des moyens financiers et humains; convergence des actions diplomatiques.

La convergence au Togo, aujourd’hui, n’est pas seulement réalisable. La convergence est inévitable pour mettre un terme au désarroi de tout un peuple au destin confisqué par une clique autoproclamée de dirigeants, des Adowuinon et autres recalés de l’histoire qui n’auront jamais fait la moindre histoire au Togo ou ailleurs sans leur dépendance à la violence sur des populations aux mains nues. Lucide et solidaire, nul Togolais d’ailleurs n’est porté par la vengeance; tout est République et Nation à bâtir.

Non! L’autoritarisme et la dictature ne peuvent plus continuer à survivre au Togo. Le régime Faure Gnassingbé a vécu, et cette fausse congrégation est à ses dernières culbutes et divinations. Tout le monde en est conscient : la croisière est sur le point de prendre fin. Cette longue balade aux coûts humains et financiers désastreux aura servi à savoir exactement ce que les Togolaises et les Togolais ne veulent plus, et jusqu’à quel point ils n’en veulent plus.

À quelque chose, malheur est bon. Répression sanglante des forces républicaines par une armée aux ordres, déployée contre le peuple depuis toujours. Faure Gnassingbé, dédaigneux dirigeants togolais des populations et autres affidés, vous avez eu tout faux; vous êtes du mauvais côté de l’Histoire. Vers sa dignité, « ce n’est pas d’aujourd’hui que le genre humain est en marche ». La liberté n’a jamais fatigué les peuples; la liberté ne fatiguera pas les Togolaises et les Togolais.

Éveil citoyen réel au Togo et occasion unique d’un sursaut patriotique vers un destin commun, c’est bien le sens à donner à l’Histoire qui s’accélère sous la poussée des Togolais et de leurs amis. C’est véritablement le temps de passer à l’assaut final. Au sortir de cet assaut final et de ce tournant républicain, un autre Togo doit naître : nul ne l’arrêtera, « on peut en retarder ou en hâter l’avènement, voilà tout ». Le choix du moment est donc clair : hâter la Démocratie, la Réconciliation, le Développement; mettre fin à l’imposture; passer le Togo à la fierté des siens; mettre le Togo à hauteur de tous ses citoyens. Autant d’objectifs enthousiastes, pragmatiques et légitimes. Enfin!



Mot à Maux


Rédigé par psa le 22/08/2017 à 00:22



La Diaspora Togolaise Indépendante (DTI) a une origine : le Consensus de Chicago. Le Consensus de Chicago lui-même possède un esprit originel, une âme gardienne, une racine nourricière : des principes éthiques inaliénables de respect, de générosité, d’inclusion, de rigueur et de flexibilité dans la pure tradition éducative togolaise et fondamentalement africaine. Il n’y a donc aucun mal à retourner sur ses pas, rebrousser chemin, pour mieux s’orienter vers la destination établie, vers les résultats fixés, vers les promesses données et vers les espoirs suscités. Ensemble, rectifions le tir comme c’est pratiquement le cas au début de toute initiative associative.


Nulle part exige toujours une Refondation
Nulle part exige toujours une Refondation


Rectifions donc le tir avec la même détermination, celle du devoir de rescousse d’une organisation qui va nulle part. C’est la règle, aussi bien dans la pratique que dans la théorie des organisations : nulle part n’est pas une destination; nulle part exige une refondation. « Pourvu qu’on avance! » entend-on; avancer comme dans avancer en arrière une fois dans l’autobus, et pourvu que la comédie continue dans un bal masqué… ‘‘The Show Must Go On’’.

En effet, dans la pure habitude américano mercantiliste, il se répète que ‘‘The Show Must Go On’’. Vraiment? Non! Le spectacle ne continuera pas de cette manière. Le vin tiré, un vin aussi empoisonné, ne sera pas intentionnellement servi aux Togolaises et aux Togolais. La DTI ne se lancera donc pas sur des rampes fausses, instables, fragiles, précaires et vulnérables. No Way! Chaque pas se doit d’être légal et légitime; non fortuit, non malicieux, non opportuniste. Parce que la gestation n’a pas duré trois jours, mais des mois de labeur et de sacrifice. Et tout ce que nous faisons possède une valeur; il nous appartient de mettre cette valeur en exergue pour le Togo.

L’éthique retrouvera tous ses droits à la DTI, et avec elle l’inaliénable « devoir de respect des uns et des autres combiné à la valorisation de l’âge et de l’expérience, dans la pure tradition togolaise et africaine, tout cela sera appelé et rappelé au cœur de la DTI; avec une mise en œuvre concrète des qualités humaines essentielles d’écoute et d’accueil des êtres et de leurs opinions dans toute leur richesse et leur diversité. » Pas d’irrespect institutionnalisé!

Mais avant tout, commençons par le commencement. Toutes nos excuses! Toutes mes sincères excuses! Toutes mes excuses à celles et à ceux qui, comme des forçats du Togo, ont mis l’épaule à la roue, des mois durant, pour éveiller des consciences, pour remettre en branle une Diaspora togolaise dans son plein rôle politique, tel que le Consensus de Chicago avait été conçu et propulsé avant qu’il ne soit piraté par des gens qui ne pouvaient aucunement le créer.

Le vers était rentré dans le fruit, assez tôt; le vers de l’incapacité était dans le fruit, depuis bien longtemps. Le devoir du Togo a cru faire indulgence et donner espoir, du fait même que le terme Consensus ne fut pas choisi par simple hasard. Mais le constat est désormais clair: il faut se rendre à l’évidence que nous avons beau être des Togolaises et des Togolais, nous ne ferons probablement pas le Togo ensemble, et surtout pas au moyen d’insultes et de menteries.

Dans l’espace public, il y a une exigence de probité que certains Togolais sont encore capables d’honorer. Et s’il en reste un dernier, je serai celui-là à ne pas m’agenouiller devant l’imposture et l’ingratitude. Pourquoi? Simplement, parce qu’il faut réveiller l’être du devoir et du bien que trop longtemps nous laissons s’endormir en nous.


Enfants du Dieu vivant? Non merci!
Enfants du Dieu vivant? Non merci!
Une Diaspora flip flop? Non!

La désertion des dames –très rares déjà parmi nous, une désertion suivie du silence des hommes et de la raillerie du flip flop, le bruit du même kplamassé, une telle désertion justifie seule, et amplement, la refondation. C’est sans compter le faux, le faux et l’usage du faux qu’un mandat donné pour une chose soit utilisé pour d’autres choses, sans gêne, sans droit, sans éthique. Devise de faussaire, gravée noir sur blanc : « Nous sommes des enfants du Dieu vivant ». Pauvre Dieu! Que de crimes sont commis en ton Nom!

Et tout cela doit continuer comme si de rien n’était? Non! La refondation est plus que nécessaire. En l’état, la DTI est mal née, qu’importe le médecin gynécologue… En ce temps-là, aucun Vokoukounon ne s’attribuait même pas la probabilité d’une paternité; pas plus aujourd’hui. Honnêteté et dignité du Vokoukounon même l’y obligent!

Même avec le plus abject esprit de colonisé, il est impossible de faire une organisation togolaise en rejetant les nobles valeurs togolaises. La « Terre de nos Aïeux » nous en voudra et pourrait même ne pas être fière de nous, particulièrement dans l’ensemencement d’une Diaspora flip flop. Une organisation togolaise sans des valeurs et des principes togolais? Non merci!

Pourquoi nous battons-nous alors? Autant converger vers Lomé, pavoiser « Réussites Diaspora », gambader au frais de l’imprononçable Kpekpe, faire Agoa au passage, adouber le docile Haut-commissariat à la Diaspora et, et tant qu’à y être jouer à l’intellectuel en résidence chez dame Awa Nana. Avec cet oubli de soi et de ce Togo d’où nous venons, Winston Churchill nous aurait demandé : « Pourquoi faire ce combat alors, si ce n'est pas pour la culture et l’amour de la liberté? » Méconnaître l’histoire c’est courir le risque de répéter des erreurs inexcusables, devrait-il ajouter.

Une fois encore. La violence des propos qui font siège à la DTI, le silence des bons et l’aveuglement volontaire des couards face à l’inacceptable, l’obstination irrationnelle à vouloir faire une organisation togolaise sans les valeurs et les principes togolais, tout cela fait qu’avec le même courage et la même détermination, le Canada qui a généreusement conçu le Consensus de Chicago va extraire ses résultats de la chienlit actuelle et appeler à la refondation du véhicule diasporique qui en est issu.

C’est un devoir. Une fois encore, nous l’assumons; nous l’assumerons avec conviction, et avec métier, et avec fierté. La Diaspora ne sera souillée par des repris d’incapacité et d’immoralité : des saprophytes et autres flip flop.

Devant l’inacceptable, il n’y a aucune place à la compromission, encore moins à la complaisance et à l’impolitesse institutionnalisée. L’ouverture aux autres, la patience et l’acceptation qui ont mené à Chicago, au Consensus de Chicago, vont s’ajouter au respect et aux valeurs éthiques. Le Togo et sa Diaspora méritent que l’on s’y attarde avec une exigence de qualité à la togolaise, à l’africaine, à l’universelle. Tous les Togolais ne sont pas des gueux, comme toutes les Togolaises ne se piffrent pas quotidiennement d’akoumè. Erreur!

Effectivement, c’est une erreur d’imaginer Sisyphe malheureux et à bout de force; malheureux à rouler la pierre du bas de la montagne jusqu’au sommet, et recommencer. Une erreur de penser à le mettre au défi du Togo. Toujours et toujours, il faut imaginer Sisyphe heureux, heureux et inébranlable. Sinon, pourquoi luttons-nous alors?

N’avons-nous rien appris de l’histoire? N’avons-nous rien appris tout court? Tous ceux qui avaient voulu et ont fait des compromis, implicites ou explicites, avec Hitler n’ont rien gagné; ils ne se sont que fourvoyés. Devant l’inacceptable, on dit toujours un NON clair, franc et haut, un NON très haut, un NON sans équivoque, un NON justifié. Devant l’inacceptable, on reste digne. Il existe une Diaspora togolaise digne, majoritaire et fière. Cette Diaspora digne a pour mot d’ordre et preuve d’espoir : la refondation.

La preuve par la suprématie de la qualité est longtemps faite. La preuve par Job est aussi faite : « Nous sommes d’hier, et nous ne le savons pas ». La preuve par Rudyard Kipling s’y ajoute: « Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie / Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, / Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties / Sans un geste et sans un soupir; / (…) /Si tu peux supporter d’entendre tes paroles / Travesties par des gueux pour exciter des sots, / Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles / Sans mentir toi-même d’un mot ; » alors tu feras noble et utile Diaspora au profit d’un Togo, la « Terre de nos Aïeux », qui se meurt.

Horizon


Rédigé par psa le 11/08/2017 à 07:01



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