Profil
Pierre S. Adjété
Pierre S. Adjété
Né à Lomé, PSA a fait ses études au Togo, au Gabon et au Canada. Actuellement fonctionnaire dans l’administration fédérale canadienne, PSA est partisan du « Grand Pardon » et adepte de l’Éthique dans l’espace public; il est un acteur engagé dans des initiatives citoyennes et républicaines.




Gustave Courbet
Gustave Courbet
Il est d’usage d’attribuer le Nobel de la littérature aux plumes rebelles et peu conventionnelles. Dans les six domaines des Prix Nobel (les cinq prix initiaux médecine, chimie, physique, littérature et paix autant que le plus récent, l’économie), seule la littérature offre ce plaisir de ralliement surprenant entre la compétence, la désinvolture, l’audace et la rébellion. JMG Le Clézio en est l’illustration parfaite et la reconnaissance de cette particulière plume audacieuse est un plaisir divin. C’est bien lui qui, perdu dans son identité, a du refaire le voyage vers le continent africain afin de découvrir la parenté avec ses racines identitaires, avant de s’installer au Mexique pour longtemps. Longtemps, sans oublier de fustiger l’abus du matériel dont l’occident s’est rendu friand : « On vit dans une bulle en Europe, quand on croit que tout est donné, qu’on va continuer à vivre indéfiniment sur ces richesses prises au tiers-monde, qu’on va continuer encore longtemps à prendre ici le charbon, là l’uranium, et ailleurs les énergies fossiles. C’est aveugle, c’est déraisonnable » Cet Africain particulier honoré, on ne pouvait pas penser que l’autre Finlandais-Africain, Martti Ahtisaari sera enfin retenu comme le Nobel de la Paix 2008. Comme Alfred Nobel lui-même, ce polyglotte d’Ahtisaari possède une conviction inébranlable sur la force de la diplomatie, depuis son tout premier poste d’ambassadeur en Tanzanie jusqu’à ses dernières médiations post-présidentielles. Mais c’est encore à JMG que je reviens pour illustrer toute la couleur de ces deux personnalités : « J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire. Je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger. Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l'âge de la retraite, est revenu vivre avec nous en France, que c'était lui l'Africain. Cela a été difficile à admettre. Il m'a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre. En souvenir de cela, j'ai écrit ce petit livre (L’Africain). »

Diplomatie Publique


Rédigé par psa le 10/10/2008 à 08:10
Notez